jeudi 26 juillet 2012

"Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" de Eric-Emmanuel Schmitt

Livre de poche 
96 pages

  1. Milarepa (mon avis)
  2. Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (mon avis)
  3. Oscar et la dame rose 
  4. L'Enfant de Noé 
  5. Le Sumo qui ne pouvait pas grossir (mon avis)



A treize ans, Momo se retrouve livré à lui-même. Il a un ami, un seul. Monsieur Ibrahim, l'épicier de la rue Bleue.Mais les apparences sont trompeuses :
La rue Bleue n'est pas bleue.
L'Arabe n'est pas arabe.
Et la vie n'est peut-être pas forcément triste...


Note de Sybelline
 
7 / 10

J'ai lu ce petit roman en une journée, bon ok j'aime beaucoup le style d'Eric-Emmanuel Schmitt. 

Ce roman est très simple à lire même si le sujet est grave, il est traité avec humour. 

Cette amitié est une vraie leçon de tolérance et d'amour... Contre les apparences, les préjugés, Momo trouveras en Monsieur Ibrahim le père et la mère qu'il n'a pas vraiment eu... 

Et Monsieur Ibrahim trouveras en Momo le fils qu'il aurait aimé avoir, pour lui transmettre sa philosophie de la vie.

J'ai beaucoup aimé.

« C’est l’ivresse. Plus rien ne me résiste. Monsieur Ibrahim m’a donné l’arme absolue. Je mitraille le monde entier avec mon sourire. On ne me traite plus comme un cafard. »

« Il y a des enfances qu’il faut quitter, des enfances dont il faut guérir. »

Le roman a été adapté en 2003 pour le cinéma par le réalisateur François Dupeyron avec Omar Sharif, Pierre Boulanger, Jérémy Sitbon, Éric Caravaca, Gilbert Melki, Isabelle Renauld, Lola Naymark, Anne Suarez, Mata Gabin, Céline Samie, Isabelle Adjani.




Juin 2012 : la pièce Mr Ibrahim et les fleurs du Coran est à l’affiche du Théâtre Rive Gauche, interprété par Francis Lalanne.


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mercredi 25 juillet 2012

"Le goût des pépins de pommes" de Katharina Hagena

Livre de poche 
285 pages



" À la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font resurgir l'histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l'oubli."


"Si l'on oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit."(p103)





Quel beau petit roman, je le vois très bien adapté au cinéma.

L'écriture de ce roman est simple, je n'ai toutefois pas accroché plus que cela au style de l'auteur et il y a quelques longeurs, une lenteur qui s'explique trés bien puisque l'héroïne de ce roman laisse filer les journées...


L'ambiance y est bucolique, on s'attache à cette citadine qui passait ses vacances dans la maison familiale à la campagne et qui y revient en tant que propriétaire... Lieux chargés de secrets, de non-dits... Tout d'abord l'histoire de ses grands-parents, celle de ses parents, de ses tantes, de sa cousine Rosemarie et  de leur amie Mira...

On l'accompagne dans sa recherche des clés du passé, plongée dans ses souvenirs, sous l'ombre des pommiers, enfourchant le vélo de son grand-père, nageant dans le lac, se reposant dans la chambre de sa tante, changeant de robes selon ses humeurs.

Iris avec ses craintes, ses envies... L'envie de savoir et d'oublier.
Et sa rencontre avec Max, le frère de Mira ! ... du je t'aime, moi non plus.

Un bon petit roman.
Si vous ne savez pas quoi lire cet été, je vous le conseille vivement.



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vendredi 13 juillet 2012

"Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan

Livre en cours...
Editions JC Lattès
437 pages

Prêté par belle-maman.

La photo de couverture représente la mère de l'auteur.

Delphine de Vigan, dans son 6ème livre évoque ouvertement sa mère dont la mort, en 2008, à l'âge de 61 ans, l'a incitée à écrire sur elle. Pas tout de suite, certes. Mais finalement en profondeur. Convoquant les témoignages des uns et des autres, collectant les documents et les photos, les traces de toutes sortes, Delphine de Vigan retrace en détail la destinée de cette jolie Lucile, née en 1946, troisième enfant d'une fratrie de neuf - dont trois mourront en bas âge. Dans cette enquête poignante au coeur de la mémoire familiale, la romancière fait resurgir les souvenirs les plus lumineux comme les secrets les plus enfouis. Un récit sensible et fascinant, qui fait écho aux blessures de chacun...


Le Mot de l’éditeur :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.


"Rien ne s'oppose à la nuit" :  
joli titre inspiré de la chanson de Bashung Osez Joséphine.
  
« Osez, osez Joséphine
Plus rien ne s'oppose à la nuit
Rien ne justifie »


Note de Sybelline
 
10 / 10


On dit que les parents structurent leurs enfants, qu'ils en sont "la colonne vertébrale".. Comment se construire sans eux OU contre eux ? Et lorsque tout déraille, lorsque les choses ne se passent pas dans la famille comme cela devrait être... Que faire ? On ne peux ni affronter, ni se sauver, alors on se tait. On cris en dedans mais on se tait au dehors, tout est une question de survie car toute la famille est concernée, l'individu est alors nié.

Je dis cela avec mon vécu, à la mesure de ma famille bien sur, aucune famille ne se ressemble, ou presque....

Ce sentiment d'être exclue de la famille, ce sentiment commun à Lucile et à l'auteure face à leurs meres respectives, toutes deux lointaines et proches à la fois... Une maman qui ferme les yeux sur des choses inaceptables, nier lui permet d'ignorer de garder tout dans l'état... L'amour de soi est dur à construire dans ce cas là... S'aimer ! Dur lorsque l'amour et la considération de l'individu n'a pas/peu existé au sein de la famille... Une famille où l'individu n'a pas sa place > une révolte est inévitable pour une forte personnalité.

Lorsqu'un enfant comprends, ressens qu'il y a de l'injustice, qu'il est différent et qu'il n'a pas sa place en tant qu'individu complexe dans la communauté qui est censée le construire, qu'il est incompris et non respecté, les autres ne le comprenant pas, cet individu est hors cercle, il ne veux pas de LA place qu'on lui donne, il veut SA place. Chose impossible...

L'auteure a un courage et une audace folle, eh oui elle joue les "emmerdeuses" comme elle le dit si bien, à fouiller dans le passé des membres de sa famille, quitte à se les mettre à dos... C'est poignant, émouvant... Torturé ! C'est pleins d'intelligence, de sensibilité et de pudeur. Vouloir comprendre ses parents, n'est ce pas une folie quelque part ?!? Se comprennent-ils eux-mêmes ? Trop d'incompréhensions, de non dits tuent LA vérité, mais est ce qu'il y a UNE vérité ?

L'auteure à plusieurs reprises émet des regrets, regrets de n'avoir pas été assez attentive, de ne pas avoir été là quand il aurait fallut l'être... Cette envie que tout soit parfait, limpide, de faire les choses comme il faudrait les faire et ce désarroi quand tout échappe au controle... L'auteur partage ce trait de caractère avec Lucile, Lucile observatrice de la vie et juge impitoyable pour elle-même et les autres... Je comprends cela car je suis très dure avec moi même, c'est un long tavail que de lacher prise... 

J'ai l'impression de m'être engagée sur un terrain glissant en écrivant cette chronique, je m'en excuse... L'auteure en a fait de même mais avec bien plus de classe.

Bien sur il y a plusieurs lectures, plusieurs points que vous pouvez retenir ou pas... Selon votre sensibilité, votre vécu. Espoirs, incompréhension, regrets, abîmes, folie, amour, pertes... Et pourtant que de partage dans cette grande famille... mais que de non-dits !

Pensée à l'une de mes meilleures amies : F.
J'ai beaucoup pensé à elle en lisant ce livre. Mon amie a beaucoup de points communs avec Lucile, cela au niveau pathologique et parcours. Par pudeur et respect, je n'en dirais pas plus.

Ce livre est très agréable à lire, j'aime le style de Delphine de Vigan. Un livre courageux.
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Ce livre fait parti de...
THEME DE JUIN-JUILLET 2012
Destins de femmes

et
Challenges 2012

mardi 3 juillet 2012

"Confession d'une radine" de Catherine Cusset


Livre en cours...
Editions Folio
145 pages


Je suis radine mais j'aimerais ne pas l'être. La première victime de ma radinerie, c'est moi. En effet je crois que vivre c'est dépenser, jouir, donner sans compter. Surtout, ne pas compter. Je peux me mettre en colère contre moi. Je peux réagir contre. Il n'en reste pas moins : mon premier instinct, c'est d'être radine. Je finirai comme grand-maman : invitant les autres, payant avec mon fric laborieusement économisé. Je serai la femme-qui-paie-plus-vite-que-son-ombre, mais je resterai la radine : celle qui calcule. Parfois je me demande si c'est par radinerie aussi que j'écris. Pour que rien ne se perde. Pour recycler, rentabiliser tout ce qui m'arrive. Pour amasser mon passé, le constituer en réserve sonnante et trébuchante. Pour y entrer comme dans une salle au trésor et contempler mes pièces d'or. Pour investir et faire fructifier mon capital de sensations et de douleurs.

Note de Sybelline
 
7 / 10


Définition
Radin(e) : avare, intéressé, ladre, mesquin, pingre, chiche, parcimonieux regardant.

Pourquoi j'ai lu ce livre ?
Il me semble que c'est Mylou qui m'en a parlé en 1er, puis le titre m'a plu, je voulais savoir ce qu'il y avait dedans :)  La couverture du livre ne m'a pas attirée > la femme qui est dessus est terne, elle ne donne pas envie d'aller vers elle... Elle n'aspire pas la sympathie... Cela illustre bien la radinierie !

En fait, au départ j'ai eu du mal à entrer dans ce petit livre puis je ne voulais plus en sortir mais j'arrivais déjà à la fin...

... de la honte !
Contente de ne plus avoir à cacher la couverture, j'ai eu honte du titre du livre.
Certes, c'est idiot ! En fait je n'aime pas être associée à "la radinerie"..

Du livre ressort bien cette honte d'être radine. Pour ma part, je suis regardante sur comment je dépense mon argent mais de là à me qualifier de radine non ! Quoique un peu... Mais qui ne l'est pas un peu-moyennement-beaucoup ?!? Selon l'éducation et le vécu que l'on a.

La radine du livre n'est pas si détestable, quoique elle utilise des moyens contestables (le vol, le mensonge...)

Cela me parle car..
Ah, cette folie de l'achat-placement !!!
Ah là je reconnais malheureusement MON PERE !
Sur plein de points et à plusieurs reprises j'ai reconnu pleins de choses liées à sa relation avec l'argent...
De là à dire qu'il est radin... Ne serais ce pas plutôt la peur de manquer, le besoin d'acquérir des choses à un prix moindre, de faire des bonnes affaires, le plaisir de posséder, de dépenser moins pour épargner plus et investir ? Quoique lorsqu'il prête "cela s'appelle revient", il calcule tout, il ne sais pas donner sans compter... Et cela pas qu'au niveau financier, au niveau 'du service' aussi. La peur de la perte ?!? Un besoin de 'donnant, donnant' ?

Je pense que les fourmis sont surtout parmi la génération d'avant 1970,
nous on est nés en plein dans la société de consommation, on est plutôt cigales.

On n'est pas heureux quand on est trop pres de ses sous !
Certes, mais il faut bien aussi ne pas dépenser à tout va > avoir des sous c'est utile.
> "Car la Cigale se trouve alors bien dépourvu lorsque l'hiver..." (LaFontaine)
Il faut un coté Fourmi mais pas trop !
Où commence et fini la radinerie ?
Là est la question...


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