samedi 12 avril 2014

[Rencontre] Passerelles Fantasy Made In France


Merci à la Médiathèque de l'Espal au Mans 
Passerelles : Fantasy made in France. Rencontre d’auteurs animée par Allan Dujiperou (fantastinet.com). 5ème Edition
« Passerelles », les rencontres d’auteur autour des littératures de l’imaginaire sont de retour à la médiathèque de l’espal ! Cette année, focus sur la fantasy française, qui regorge de plus en plus d’auteurs de talent qui émergent face au géant anglo-saxon.

Invités :

Justine Niogret. Une des voix les plus originales de la fantasy française. Son premier roman Chien du Heaume (2010) a été récompensé par plusieurs prix importants (Prix Imaginales et Grand Prix de l’Imaginaire), tout comme sa suite Mordre le bouclier (2011). Dans une écriture âpre, imagée, avec un phrasé suranné et un vocabulaire de l’époque, Justine Niogret nous plonge dans une Europe médiévale où les royaumes n’en sont qu’à leurs prémisses : un monde sans autre loi que la violence et la survie. Sombres et épiques, ses romans se révèlent à chaque fois différents et étonnants. Une expérience à vivre !


Antoine Rouaud. La relève de la fantasy française. Après avoir passé son enfance à écrire des histoires, imaginer des scénarios et composer des chansons, ce jeune nantais a rejoint le monde de la radio, où il a créé plusieurs feuilletons radiophoniques. Son premier roman est annoncé depuis 2011 et donc particulièrement attendu (vendu dans de nombreux pays avant même d’être édité en France). Un style efficace, une bonne utilisation du principe des flashbacks : La voie de la colère, 1er tome de la série Le Livre et l’Épée, s’est imposé comme la révélation française de l’année 2013.



Je vous retranscris au mieux mes notes, c'est un peu au kilomètre, tant de choses ont été dites, débat très intéressant, je partage :

La fantasy made in France ?

Un constat : depuis quelques années, il y a une hausse de la qualité de la fantasy et un fort engouement des jeunes grâce au phénomène Harry Potter. La fantasy trop souvent cataloguée comme un « littérature de gare » (une lecture plaisir et légère) prends peu à peu ses lettres de noblesse.

On remarque en effet une multiplication des auteurs, une segmentation en différents genres de fantasy (Enfant, Jeunesse et adultes) la catégorie young adult touchant 2 publics : jeunes et adultes. La littérature de l’imaginaire est de plus en plus présente en librairie et en bibliothèque, mais pas assez mis en valeur. Il est à noter pourtant que le auteurs français de SF/Fantasy ont forcément du style, car il n’y a pas la traduction, l’écriture est donc plus riche de part la richesse du vocabulaire de notre langue française, c’est directement de la création.

Il y a une vision très anglo-saxone de la fantasy en France, nous avons un héritage culturel, une langue française riche de par son vocabulaire. La traduction d’une œuvre étrangère n’est pas aisée car le traducteur a lui-même son style et cela se voit lors de la lecture, c’est lui aussi un auteur quelque part.

Face à beaucoup de livres étrangers traduits : une traduction anglais/français où il y a forcément des différences dans le texte, il y a des rajouts nécessaire pour qu’il y ait un sens dans les phrases et cela peut changer le sens initial.

Malheureusement, il y a peu d’export de la fantasy la française car c’est très difficile de traduire un livre français en anglais (perte de la richesse et coût de la traduction) c’est de plus trop difficile de le diffuser, le rapport de confiance est très compliqué.

Les auteurs étrangers ont des agents littéraires, en France ce n’est pas le cas, ce sont les maisons d’Editions qui font le lien (à côté de cela les auteurs français sont plus accessibles, bien souvent présents sur Twiter et Facebook). En France c’est l’Editeur qui essaye que le livre soit lu le plus possible. Ecrire en France c’est de l’investissement, c’est du temps d’écriture, en France les auteurs gagnent beaucoup moins d’argent, un auteur français a la plupart du temps un travail en parallèle, rares sont les auteurs français qui vivent de leurs romans – C’est un myhthe – A l’étranger, les auteurs bénéficient de plus de moyens : marketing à l’américaine, c’est plus dans le ‘fun.

La fantasy a la française est le « parent pauvre » de l’Edition française, de par le peu de moyens mis en œuvre.

L’auteur écrit puis le livre fait son chemin, il touche le public ou pas , ce n’est pas quantifiable.
Il est à noter que la couverture est importante, et pourtant bien souvent ce n’est pas l’auteur qui la décide, elle lui est souvent imposée.

Justine Niogret

Il faut une bonne histoire, du rapport historique, elle aime écrire sur ses racines bretonnes (Broceliande), elle a vécu 15 ans en Bretagne. La nature humaine l’intéresse, l’historique, retrouver les sensation grâce à (elle a goûté à la nourriture médiévale, sait ce que c’est qu'être sous la pluie avec une fourrure sur le dos… ) Elle écrit pas par rapport à ses lecteurs, elle écrit d’abord pour elle-même et n’a pas de contrôle lors de l’écriture, une fois créé, le livre fait sa vie, il est interprété et lu de différentes façons selon le lecteur. Il y a certes des messages inconscients, de part le vécu de l’auteur, des références au monde moderne, même si elle essaye de coller au mieux à l’histoire. Bien sur les lecteurs ont des références liées du cinéma, des jeux vidéos. Il y a tout un public qui veut du ‘Mc-Do’ quelque chose de facile, c’est un grand nombre mais parmi eux il y a une demande de quelque chose de particulier, d’unique.

Antoine Rouaud
Le tout c’est de trouver le juste milieu dans l’écriture, l’efficacité de la phrase.Il nous parle de sa trilogie,  du 2ème tome qui se doit d’être un axe de la trilogie, une suite qui doit donner de l’intérêt au 3e tome, il se sens très attendu de part le succès du 1er tome paru à l’étranger. Il recherche la crédibilité des personnage pour rendre le monde imaginaire de ses romans crédible lui aussi.
Littérature de l’imaginaire donc ne cadrant pas avec la réalité et pourtant il y a un besoin de bases réalistes pour emmener le lecteur, pas trop de descriptif pour surprendre le lecteur.

Pourquoi avoir écrit de la fantasy ?

Justine N. nous dit avoir écrit 2 romans de fantasy mais après de la SF pour ne pas être enfermée dans ce genre littéraire.

Antoine R. est attiré aussi par la SF, les polars, les spaces Opéra, il se trouve juste que le 1er roman qu’il a voulu présenter est de la fantasy ! Peu importe le genre, l’important c’est l’histoire, on juge un écrivain sur la durée, il faut faire attention de ne pas s’enfermer dans un genre.

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