mardi 17 février 2015

Lettre au père de Franz Kafka




Titre :  Lettre au père
Auteur : Franz Kafka
Nombre de pages : 108
Éditeur : Editions Folio
Date de parution : NC
Genre : Autobiographie
Dans ma bibliothèque : oui
Date de lecture : Fev. 2015 
Note de Sybelline : 07/10









L'histoire
 

"Très cher père,
Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre..."

Réel et fiction ne font qu'un dans la lettre désespérée que Kafka adresse à son père. Il tente, en vain, de comprendre leur relation qui mêle admiration et répulsion, peur et amour, respect et mépris.



L'avis de Sybelline :

Petit livre qui traînait depuis quelques années dans ma bibliothèque, sans que j'ose le lire alors que... Il m'a été offert pour que j'y retrouve mon père dedans... Peut être est ce pour cela que je ne l'avais pas encore lu. C'est chose faite aujourd'hui et...

Franz Kafka écrit à son père, expliquant ce qui  l'a blessé et le blesse encore, l'accusant et s'excusant, lui posant des questions et imaginant ensuite la  réponse de son père.
 
Ce n'est pas sans appréhension que j'ai ouvert ce livre et... 
oui il y a de nombreuses similitudes... 
J'ai eu un père patriarche et cela m'a affecté et m'affecte encore. 

Je l'ai souvent défié, j'ai eu ses 'foudres' et toute sorte de noms d'oiseaux et de dénigrements sur ma personne et mon entourage. Oui j'ai eu honte de moi, de lui, j'ai été blessée, ils n'en a pas eu conscience. Aucuns de mes amis ou amours n'ont réchappé à ses jugements et dénigrements, personne n'était assez bien - Et puis avait-il à juger de mes choix ? - pour qui ? pour lui ?

Une forte figure paternelle est écrasante, on a un fort sentiment de nullité. Il est difficile de se construire face au dénigrement, face à une personne qui détient toujours la (sa) vérité et sait ce qu'il est bon de faire ou pas selon ses règles et ses principes.
" De ton fauteuil, tu gouvernais le monde. Ton opinion était juste, tout autre était folle, extravagante, anormale" (page 19)
L'enfant est nié dans son individualité, il doit à tout prix obéir aller dans la même direction, au risque d'être jugé mauvais "pouvais-je me permettre de te défier".  Les moyens de rabaissement : injures, menaces, ironie... On se sent alors peu de valeur.
"Ton jugement négatif pesait dès le début sur toutes mes idées indépendantes de toi en apparence" (page 20)
 "Je perdis toute confiance dans mes propres actes. Je devins instable, indécis." ( page 31)
Une seule issue : la fuite intérieure, on se referme sur soi puisqu'on ne peux pas s'exprimer au risque d'être jugé et dénigré. Résultat : faiblesse, manque de confiance en soi, sentiment de culpabilité qui peut aller jusqu’au mépris de soi-même.

On est carrément dans un schéma bourreau / victime.

Oui la figure paternelle décrite dans cette lettre est très proche de mon propre père, c'est en grandissant que j'ai compris le malaise, que j'ai compris que je pouvais être moi-même - et différente de ce qu'il aurait aimé que je sois - qu'il me suffisait de l'être et qu'il fallait pour cela me détacher des jugements négatifs du père. Et je n'ai pu faire cela que loin de lui...

Pas simple, je dis souvent que les parents, c'est 'la colonne vertébrale', c'est ce qui nous a construit, et si l'on considère tout cela, les bases sont mauvaises...

De là en découle une réflexion sur la parentalité :
On ne peux pas faire nos enfants à NOTRE image, il faut être attentif à leur individualité, il faut les encourager même s'ils vont vers un chemin qui n'est pas le notre, ce n'est pas forcément le mauvais chemin. Certes on essaye d'être de bons parents, ce n'est pas chose facile. Il faut essayer de ne pas abuser de l'ascendance qu'on a sur eux, il faut les respecter et surtout être attentifs à ce qui fait qu'ils ont eux et pas nous.
Donc lecture intéressante de par mon passé familial, j'aurais pu écrire une grande partie des choses écrites par kafka. 

Je lirais à nouveau Franz Kafka...  



D'autres avis
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    2 commentaires:

    1. Je trouve que ta chronique donne très envie de découvrir ce livre. Peut-être parce que moi aussi j'ai un père compliqué...

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      1. merci. arg pas simple la famille, on ne la choisis pas, on fait avec... ou sans

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